LA POLITIQUE PENALE FACE AU PROTOCOLE DE MAPUTO

Depuis  2013, le comité  de plaidoyer  pour l’avortement  médicalisé en cas de viol  et d’inceste  au  Sénégal est mis sur pieds. L’entité regroupe   22  organisations  de  la  société  civile. Elle a  pour  objet  de  mener des  stratégies  visant  à  sensibiliser  les  décideurs  et  les   publics sur  la  nécessité  de  réformer  la  loi. Le  plaidoyer  vise  à  pousser  les  autorités  à  harmoniser l’article  14 du  protocole  de  Maputo qui  agrée  l’avortement  médicalisé.  Amy  Sakho, porte-parole  de l’Association  des  juristes  sénégalaises ( AJS)et coordonnatrice du comité note cependant que  les articles 305 et 305 bis du code pénal sénégalais interdisent  et  condamnent l’avortement. Il n’  est  autorisé que lorsque la grossesse met en danger la santé  de la mère. Aujourd’hui, une proposition de projet  de loi est  encore sur la table du  ministère de la justice. « Sidiki Kaba (  ancien ministre de la justice garde des sceaux  de l’ère Macky Sall)  l’avait  reçu,  depuis, on a connu  deux  autres  ministres et l’essentiel est  que le débat soit  posé et que les gens en parlent. «Me Ousmane Thiam, avocat  à  la  Cour et  ancien  président  de l’Association  des jeunes avocats du Sénégal ( AJAS), explique que les  traités  signés  et  ratifiés  ont  une  valeur  supranationale  par  rapport  à  la  loi.  Le  protocole  de  Maputo  devrait  permettre  l’avortement  en  cas  de  viol  et  d’inceste.  C’est  d’ailleurs  ce  protocole  qui  a  agité le  plaidoyer  pour  une  loi  en  cas  de  viol  et  d’inceste. La politique  pénale appartient  aux  Etats,  c’est  une  question  de  souveraineté.  Ce  qu’il  faudrait  faire,  c’est  modifier  l’article  305 pour se conformer  aux  normes internationales que  le  Sénégal a signé.

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