L’AVORTEMENT MÉDICALISÉ POUR SAUVER DES VIES.

Au Sénégal, le débat sur l’interruption volontaire de grossesse est relancé du fait de l’acuité du phénomène de l’avortement clandestin. Selon une étude réalisée par l’institut Guttmacher publié en avril 2015 montre que 51.500 cas d’avortement clandestins on été répertoriés au Sénégal en 2012. En effet, ces derniers se font souvent en l’absence d’assistance médicale dans la mesure où l’avortement est considéré comme un délit qui est puni par la loi 305 et 305 bis du code pénal au Sénégal. Ces avortements causent de nombreuses souffrances aux femmes dans le court comme dans le long terme. Les risques et les complications sont nombreux:

  • les infections qui nuisent la santé sexuelle et reproductive de la femme qui prend la décision de se faire avorter de manière clandestine. Ces infections sont très graves et sont causées par l’utilisation de matériel non stérile ou non désinfectés.
  • les saignements qui ne peuvent être arrêtés par les soins d’un médecin car la femme est animée par la peur d’être découverte.
  • des déchirures des parties génitales de la femme de part l’introduction d’objets perçants. Les complications d’avortement et leur gravité sont étroitement liées au type de méthodes abortives qui sont utilisées et en fonction du statut de la femme et de ses moyens.

Ces complications conduisent ainsi à la mort de la majeure partie des femmes qui prennent ce risque. Le niveau de mortalité maternel est donc considérable avec les avortements clandestins et la pratique devient de plus en plus récurrente au Sénégal. Des lors, pour faire face à cet important problème de santé et respecter le droit des femmes à une bonne santé, il faut légaliser l’avortement médicalisé en cas de viol et d’inceste en a faisant un acte médical pris en charge dans les structures de santé. Il a un lien étroit entre la légalité de l’avortement et la mortalité maternelle dans la mesure où légalité et sécurité vont de paire.

On parle d’avortement  clandestin lorsque la grossesse est interrompue par des personnes qui n’ont pas les compétences nécessaires ou lorsque l’avortement est pratiqué dans un environnement où les  normes médicales minimales ne sont pas appliquées, voire les deux. Ces avortements sont non sécurisés et sont pratiqués avec des méthodes désuètes  dans les conditions plus que pénibles. De ce fait, ils sont peu sûrs et dangereux et conduisent à la mort ou à de multiples complications pour la femme. Suite à un avortement non sécurisé, les femmes et les adolescentes risquent de présenter un ensemble de complications potentiellement mortelles. Une part importante des taux de morbidité et de mortalité maternelle au Sénégal est due aux avortements à risque et plusieurs types de complications sont notés sur le long terme.

Les femmes et les adolescentes dont la grossesse n’est pas désirée, ont fréquemment recours à l’avortement à risque lorsqu’elles ne peuvent avoir accès à un avortement médicalisé. Le fait d’interdire l’accès légal à l’avortement ne fait pas que les femmes ne vont pas faire l’interruption de la grossesse, au contraire cela se réalise dans des conditions déplorables qui conduisent le plus souvent à la mort. Interdire l’IVG fait augmenter de manière dramatique le taux de décès des suites d’avortements pratiqués hors des milieux médicaux avec des méthodes nuisibles à la santé. A cet effet le recours à l’avortement médicalisé en cas de viol et d’inceste peut rendre meilleure la situation des femmes et des adolescentes car l’ANSD avait estimé en 2011 le nombre d’interruption volontaire de grossesse 3,6 % pour la région de Dakar.

Il faut que l’avortement médicalisé soit autorisé car c’est un droit à la femme de choisir de ne pas donner naissance à un enfant dans des circonstances particulières. Et cela peut non seulement sauver des vies mais aussi rendre meilleur le statut de la femme en diminuant l’infanticide. Avortement médicalisé signifie  un avortement provoqué mais dans des conditions sanitaires saines avec un prestataire qualifié et  avec un suivi pour apporter des réponses aux moindres complications ce qui peut garantir une parfaite santé de la mère.

Des lors, parmi les risques de l’avortement clandestin celui de la mortalité est plus important. Avec l’avortement médicalisé, le personnel soignant est tenu de prodiguer des soins vitaux à toute femme afin de s’assurer d’une bonne santé pour cette dernière. Dans ce cas, les risques sont minimes et une bonne santé de la mère peut être assurée âpres l’intervention.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *